Imbolc, Brigit et les autres ... (1)

Par TiTom, 5 février 2020

Renaissant au solstice d’hiver, le petit soleil de gloire manifeste sa jeune puissance à une époque de l’hiver souvent marquée, quand les saisons fonctionnent normalement, par un redoux assez vigoureux pour faire fleurir les amandiers ou perce-neige annonçant les premières pontes et sorties hibernales. C’est cette première manifestation de la lumière en février qui est célébrée à la Chandeleur.

-Le nom de cette fête, « Chandeleur », a une origine latine: la festa candelarum, (ou « fête des chandelles ») expression dans laquelle on retrouve candela, qui signifie chandelle.-

Quarante jours après Noël, c'est la première date possible du Mardi-Gras ou à la nouvelle-Lune qui précède la pleine après l’équinoxe printanier, qui est une fête mobile dépendant donc des phases lunaires. On peut dire que le Soleil et la Lune s’accordent pour l’équinoxe.

La Chandeleur fut d'abord une fête païenne célébrant le retour de la lumière solaire, puis une fête chrétienne, celle de la Présentation de l’enfant solaire né au solstice d’hiver sous le patronnat d’une divinité christianisée. Cette fête de lumière, marquée par la procession aux chandelles, qui autrefois étaient vertes, commémore donc la première manifestation publique de l’enfant solaire.

Une Chandelle (comme l’appellent encore certains valaisans) promettant un Feu...Solaire !

De cette autre appellation, on sous-entend donc une célébration solaire à l’enfant grandissant plus qu’à sa nourrice comme le veut l’église...

« Oimelc », du vieil haut irlandais, a pour sens de « lactation » ou « lait de brebis » nous ramenant à la période de l’agnelage, période d’allaitement de ces derniers, où le Lait prend son symbolisme.

Première fête de l’année selon le calendrier celte de Coligny, Imbolc se célébrait au début du mois d’Anagantios, ancêtre de notre mois de Février; Februus dieu étrusque des passages (ici annuel) et de la purification, rejoignant les Lustrations et pouvant avoir pour fondement un culte lié à la fécondité printanière, comme le Soleil fond la glace permettant le Retour.

Un rapprochement peut aussi être fait avec la fête romaine des Lupercales, qui avait lieu à la fin de l'hiver en l’honneur de la louve qui a pris soin d’allaiter les célèbres jumeaux Romulus et Remus.

Imbolc, c’est le moment où La vieille femme, « la Cailleach » qui représente l’hiver, se transforme en jeune épouse « la Belle Femme de février »; Perséphone remontant des profondeurs de la terre retrouver sa Mère-Terre guidée par les flambeaux à l’entrée des grottes indiquant par la même occasion le passage aux âmes errantes le chemin du repos. Processions printanières dont on ne peut oublier cette période de Carnaval, chasse-sauvage printanière et charivaris.

Ainsi, cette fête étouffée par la christianisation de la Païenne Brighidt n’invite pas à une célébration à son égard, mais à « son enfant », le petit Soleil né dernièrement au dernier Solstice; où il est invité de se purifier tel chaque nouveau-né qui est Nettoyé avant toute présentation/avènement.

Enfant solaire pas encore Roi, il n’est autre que La Déesse-Mère qui porte le rôle de Reine-Mère douairière pour ce sabbat, représentante royale, du futur Seigneur Céleste rayonnant.

Il faut savoir que pour certaines cultures, le Soleil et la Lune ont leur genre inversé; Lune étant masculine et Soleil féminin. De ce fait peut-être, dans la christianisation du paganisme, le culte de ce moment se féminisa, la Patronne arborant non pas une simple croix mais Le symbole solaire !

Avec La Déesse-Mère-Terre, les ablutions d’Imbolc nettoient et purifient pour accueillir pleinement la Lumière Solaire Grand issante et ses Promesses.


 

-D’après une chronique d’un hebdomadaire, quelques différentes appellations Solaires en Romandie :


« C’est sûr qu’il n’est pas crevé, le Père Thiébaud. Voilà qu’il se lève tard et se couche avec les poules. C’est de saison: l’automne arrivé, il nous lâche.

Le Père Thiébaud? Le soleil, pardi! Celui qui darde ses rayons pour nous éclairer et nous réchauffer en cumule de ses surnoms! Surprenants, rigolos, aussi variés que les régions, comme en atteste le Glossaire des patois de la Suisse romande.

Ecoutez plutôt: Thiébaud, c’est du côté du Jura et surtout de Neuchâtel où c’est un nom de famille bien connu. Plus à l’ouest, les Vaudois et les Genevois l’appellent ou l’appelaient Jean Rosset, Rossé ou Rousset. Tous des noms tirés du latin russus, roux, en parallèle évident avec la chevelure de l’astre brûlant. En Valais, c’est le pauvre Bartholomé ou Barthélemy qui est encore maudit les jours de pluie.

En France, les marins lui ont collé le sobriquet de Jean Bourguignon ou Bourguignon tout court. Qui s’est propagé de Paris au Poitou jusqu’en pays wallon, en Belgique. C’est devenu Borgognon à Neuchâtel. Et appelez votre fils Nicolas, ou mieux Colas dans sa forme abrégée, si vous voulez en faire un Apollon: c’est le nom que le soleil portait parfois aussi sur Genève. Il correspond à Colin dans le nord de la France.

Plus drôles et nettement plus inventifs que nos fades «astres du jour», les anciens ne se privaient pas d’expressions imagées, en patois, pour qualifier celui qui se lève à l’est: la grande lampe, à La Brévine (NE), le grand quinquet (qui signifie lampe aussi) à Villars-sous-Mont (FR), la grande étoile à Lourtier (VS) et la chandelle commune (c’est-à-dire qui brille pour tous) à Isérables (VS). Plus croquignolet: à Penthalaz (VD) on le surnommait «le père du mal vêtu», et «le museau rouge» à Riaz (FR). Plus fort encore, en France et au Québec, certains le saluaient sous le nom de Galarneau qui, littéralement, signifie pluie! Face à de si lumineuses appellations, remballons nos tièdes qualificatifs! »


Auteure: Isabelle Kottelat-