Imbolc, Brigit et les autres (2)

Par TiTom, 11. 02. 2020

Comme on a pu le constater précédemment, à Imbolc on célèbre le re-tour de Soleil AVEC la Déesse-Mère en nous invitant à garder notre Feu intérieur alerte pour l’épanouissement et l’habileté du corps et de l’esprit.

Usant souvent de substitutions et inversions, l’église inversa, probablement, ici le parèdre du culte de ce moment, si l’on y regarde de près !

Les premiers rayons solaires renouvelés entraînent la fonte hivernale, impliquant clairement les éléments du Feu & de l’Eau dans le processus de transformation. Sans la manifestation de ces derniers, la Terre ne peut re-naître.

Sans le renouveau solaire, point de transformation ; de printemps. Quel était donc ce dieu solaire tant espéré ?

Selon Jules César, les Gaulois honoraient un dieu guérisseur que les romains associèrent à Apollon.

L' Apollon pré-celtique est un Dieu solaire archaïque apparenté ou identifié, suivant les régions, au Mars indigène pré-celtique plurifonctionnel (Lugh). Il a été réintroduit peu avant la conquête Romaine pour redevenir un dieu Gallo-Romain de première importance grâce au culte d'Esculape venu de Massilia (Marseille).

Apollon gaulois de la lumière solaire, de la jeunesse, de la médecine thermale curative et oraculaire. Belenos, Grannus ou Borvo, bien des noms lui ont été donné mais c’est, pour résumer, le jeune dieu solaire et devin de la santé.

« Après [Mercure] ils adorent Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. Ils ont de ces divinités à peu près la même idée que les autres nations. Apollon guérit les maladies... »

— Jules César (résumant Posidonius)—

L’Apollon classique est un dieu très complexe : inspirateur des oracles, patron de la musique et des arts, divinité solaire, il est le « dieu brillant » par excellence. La fonction médicale d’Apollon s’atteste dès Homère, comme guérisseur incontournable, même s’il achève souvent son œuvre salutaire par l’intermède des parèdres, dont Esculape et Hygie...

(Il faut noter qu’en Gaule, d’autres divinités protègent aussi contre les maladies, notamment Mars et même Hercule).

On remarque clairement que l’Apollon gaulois a une affinité spéciale pour les eaux thermales à la réputation SALUbre.

Les origines et les affinités d’Apollon en disent long sur sa propre identité cultuelle. La jumelle d’Apollon est Diane, qui partage avec lui un talent pour le tir à l’arc, une certaine androgynie, et des associations célestes (à Apollon le Soleil, à Diane la Lune). Leurs parents sont Jupiter et Latone (une déesse dont le culte était principalement actif en Lycie, dans les actuels départements turcs d’Antalya et Muğla). Le mythe veut que Junon ait interdit à la Terre de fournir à Latone un endroit à accoucher, et que celle-ci dut s’enfuir à Délos — une île qui flottait jusque-là sans être ancrée à la Terre.

Apollon aimait beaucoup de personnes, nymphes et mortelles, et des deux sexes. La plus fameuse en est sans doute Daphné, qui refusait ses embrasses et s’est transformée en laurier. Apollon a décrété que le laurier lui serait dorénavant sacré.

Dans l’entourage d’Apollon, on trouve les Muses — déesses qui président à la musique, à la poésie, au théâtre, en un mot aux arts, qu’Apollon chérit. Si les Muses ne reçoivent guère de culte organisé en Gaule, elles sont un motif familier dans les mosaïques domestiques.

On remarque une certaine ascendance avec « les Esprits des Chaumières », que les romains célébraient lors des Compitalia, et le culte des Lares ou esprits d’un lieu donné.

Les images d’Apollon se distinguent souvent par la souplesse androgyne du dieu ; il a souvent les cheveux longs, et le visage toujours jeune et imberbe. Son attribut quasi constant est la lyre (à propos, si la lyre est peu usitée de nos jours, elle est l’ancêtre organologique de la guitare, du violon, de la harpe, du kanoun, etc...). Parmi les autres attributs d’Apollon, sont incontournables l’arc et les flèches, le laurier (souvenir de la regrettée Daphné) et le Trépied de Delphes, qui emblématise le rôle d’Apollon comme inspirateur des Oracles. Il ne faut pas enfin oublier les animaux qui lui sont familiers, comme le python, le griffon, le loup ou chien, le corbeau, et parfois d’autres oiseaux, comme le cygne...

Des figurations gauloises montrent souvent Apollon en étroite collaboration avec son frère puîné, le grand Mercure. Selon les Hymnes homériques, l’enfant Mercure aurait inventé la lyre pour la présenter à Apollon en récompense pour un vol de bétail. Voilà le point de départ d’une collaboration de longue date. Le célèbre autel de Reims montre Mercure et Apollon aux côtés de Cernunnos, dieu chthonien présidant à la prospérité et à la vie animale.

Santé, fertilité, prospérité : les Gaulois ont sans doute voulu évoquer la complémentarité des fonctions de ces trois dieux.

Selon l’indication de Jules César, les Gaulois honoraient un dieu guérisseur qu’on identifiait à Apollon, probablement dès l’époque de Posidonius. Les épithètes celtiques qu’on attribuait à Apollon attestent une continuité probable avec la religion de la période de l’indépendance. Les trouvailles archéologiques confirment qu’un rôle important de l’Apollon gaulois est de présider aux eaux thermales.

Des exemples célèbres se trouvent à Grand (dont le nom même dériverait de l’épithète Grannus), à Bourbonne-les-Bains, à Bourbon-Lancy (les noms des deux derniers dérivant de l’épithète Borvon) et à Chamalières (où l’on adorait l’Apollon sous le nom de Map[on]os Arueriatis).


La liste ci-dessous énumère tous les épithètes d’Apollon trouvés en Gaule :

• Apollon Anextlomarus

• Apollon Atesmertis

• Apollon Augustus

• Belinos

• Apollon Borvon

• Apollon Cobledulitauus

• Apollon Demioncus

• Apollon Dunocaratiacus

• Apollon Flaccus

• Apollon Grannus (Amarcolitanus, Mogounus, Phœbus)

• Apollon Maponus

• Apollon Magiorix

• Apollon Matuix

• Apollon Moritasgus

• Apollon Siannus

• Apollon Toutiorix

• Apollon Veriogodumnus

• Apollon Vindonnus

• Apollon Virotutis

L’épithète Maponus, soit « grand fils » (attesté à Saint-Rémy-de-Provence et en Grande-Bretagne), a suscité beaucoup de discussion auprès des érudits grâce à sa ressemblance patente à Mabon ; de ces associations, on n’a pas hésité à assimiler le dieu irlandais à l’Apollon gaulois et vice versa. Il faut cependant se rappeler des grandes distances — plus de 430 km et au moins cinq siècles — qui séparent la Gaule antique de l’Irlande médiévale. Pourtant, la tentation de mettre la riche mythologie du Macc Óc en rapport à Apollon Maponus est peut-être irrésistible.

En dépit de la variation qu’on observe, les épithètes celtiques sont distribués pour l’essentiel en trois zones : la zone Grannus au nord (associé aussi à Dirona) ; la zone Borvon en Bourgogne (dont Apollon Moritasgus serait une variante locale) ; et la zone Bélénos au sud.

Quels étaient ces Dieux Solaires ? ...

Nous le verrons par la suite.